Isolée dans un chagrin diffus, comme dans une ouate presque confortable, je m'abreuvais à longueur de journée de chansons nostalgiques qui dégoulinaient de larmes et de désespoir, de trahisons, d'abandon. De ces complaintes sud-américaines qui vous briseraient le coeur s'il ne l'était déjà. J'en ai plus appris, sur la vie et sur moi, que pendant toutes les années d'avant. J'ai perdu cet été là la partie de moi que je préférais. Ma capacité à tomber amoureuse, à m'abandonner. A faire confiance. A croire en moi. J'ai tout saccagé. Pour un leurre. Un miroir où j'avais cru voir mon avenir. Je m'y suis fracassée. Je suis un caillou qu'une vitre a brisé.